Ou comment Walt Disney Pictures s’étendit à Touchstone Pictures, Hollywood Pictures et Miramax

Beaucoup de gens savent que « Chérie j’ai rétréci les gosses » ou « 20 000 Lieues sous les Mers » sont des films Disney. En effet, dépassant le stade de l’animation, Walt voulut très rapidement étendre son studio et son talent à la fabrication de films « live ». Il avait très tôt réalisé que la santé financière de la compagnie pourrait respirer grâce aux revenus de films réels. En effet, ces derniers pouvaient être réalisés en quelques mois, tandis qu’à l’époque, un dessin animé prenait plusieurs années à être conçu, et ainsi pompait sans relâche dans les caisses des studios, sans pour autant rapporter grand chose, puisque la période des « courts-métrages » commençait à s’essoufler.

Les débuts des films réels chez Walt Disney

Les premiers essais de Walt en matière de film débutèrent curieusement: en effet, pour s’assurer un public, il mêla au début ses films réels à de l’animation Disney: on connut ainsi des films comme le Dragon Récalcitrant, Mélodie du Sud ou Dear to my Heart. Mais rapidement, Walt tenta le coup et tourna 100% en live L’île au trésor, une adaptation fidèle de l’ouvre de Robert Louis Stevenson. Le film sortit le 19 juillet 1950. On était alors loin des ArmageddonMission to Mars, Scream et autre Sixième Sens. Car effectivement, ces titres pour la plupart célèbres, ont bien été crées chez Disney, bien que la célèbre signature n’est jamais été apposé à leurs côtés.

Les studios Disney avaient un grand avantage par rapport à leurs concurrents: grâce à son expérience de l’animation, le studio était habitué à traiter même les idées les moins conventionelles, et ils acceptaient des projets que bien des studios auraient refusé sur le champ. Les films produits allaient souvent en rapport avec la série naturelle True Life Adventure, qui passait à la télévision et qui était produite par Disney. Ainsi on retrouvait des longs-métrages basés sur les animaux ou sur les pays lointains. En 1954, 20000 Lieues sous les mers, un des plus grands chefs-d’oeuvre du studio, fut réalisé dans cette optique: il présentait des fonds marins, une faune extraordinaire, de l’aventure et des animaux aquatiques étonnants (la pieuvre). Le film coûta énormément d’argent, principalement du fait de ses effets-spéciaux, extraordinaires pour l’époque. Mais le film fut un énorme succès, à tel point qu’on trouve une réplique du Nautilus dans tous les parcs Disney du monde. Sur le même esprit, on trouve les Robinsons Suisses, la célèbre histoires des naufragés. Présentant des décors naturels somptueux, le film manque pourtant de tension dramatique propre aux meilleurs films d’aventures Disney. Un des plus gros succès du studio fut Mary Poppins, sorti en 1964, qui alla jusqu’à récolter 11 nominations aux oscars. En vrac, on trouve également parmis les succès du studio Un amour de Coccinelle, Rasta Rockett, Chérie j’ai rétréci le public, l’Incroyable Voyage, Flubber, les 101 Dalmatiens live etc…certains films plus ambitieux connurent pourtant des échecs, tels que Tron ou le Trou Noir, incursion fastidieuse dans le domaine de la science-fiction.

De Disney à Touchstone

On peut le remarquer, tous ces films ont un côté très enfantin, mais en ayant des scénarios capables d’intéresser tous types d’audience: en bref, c’était des films familiaux. Bien qu’on pourrait croire que le marché du film familial soit le plus rentable qui soit, il n’en est rien. En effet, les enfants ne sont pas assez intéressés pour tirer leurs parents et les parents, de leur côté, ne tireront pas les enfants pour aller voir ce genre de film. Finalement, les films pour enfants sont bien plus rentables, comme le prouvent des films comme les Razmokets ou Pokemon, gros succès face à des films comme A nous Quatre ou l’Homme Bicentenaire. En bref, en continuant à produire ce type de film, le studio ne décollerait jamais, n’arriverait pas à étendre son marché vers la population des jeunes adultes. Pire, les tests montraient que le label Disney accolé à un film live repoussait les adolescents, associant le nom Disney à l’enfance, un univers dont ils cherchaient à se dégager. Avec ceci en tête, Ron Miller, alors à la tête du studio en 1983, décida de lancer un ligne de films plus orientés vers les adultes, et de ce fait, créa une nouvelle marque: TOUCHSTONE. Evidemment, les revenus de Touchstone seraient incorporés à 100% dans le portefeuille Disney, et pourtant, peu de gens associent Touchstone Pictures à Disney. Evidemment, c’est fait exprès. Alors aujourd’hui, ne vous laissez plus avoir. Quand vous voyez « Touchstone Pictures« , pensez « Disney« . On retrouve d’ailleurs dans ces films une valeur que Michael Eisner (PDG de Disney) se fixa: pas de violence gratuite ou de sexe comme on peut en voir dans les films américains de base. Le premier film sorti sous ce nouveau label fut le film Splash!, avec Tom Hanks. Bien que peu connu en france, le film fut un assez gros succès aux Etats-Unis et permit de lancer la production Touchstone pour de bon. Vers la fin des années 80, Touchstone reçu sa propre unité de production pour pouvoir produire plus de films. Ce fut les temps des films faciles, entre comédies un peu salées et films typiquement américains, qui ne connurent pas de grands succès chez nous. On peut citer Le clochard de Beverly Hills, Flight of the Navigator, Ernest goes to Camp, Benji the Hunted, Ruthless People...rien de bien excitant, hein? Disney sentait bien que ses films, bien que très rentables aux USA, ne passeraient pas facilement les frontières. (surtout qu’un de leur films,Trois Hommes et un Bébé, est directement le remake de Trois Hommes et un couffin) Il leur fallait un succès populaire. Celui-ci vint avec Good Morning Vietnam, un film génial avec Robin Williams aux commandes d’une émission radio pendant la guerre du Vietnam. On retrouva ce même Robin Williams dans Le Cercle des Poêtes Disparus, qui sortit directement face à Batman en 1989 et rencontra son public. Mais le plus gros succès de Touchstone jusqu’alors fut Pretty Woman. On était loin des productions Disney: prostituées, millionaires, décadence…mais le film fut un hit chez les adultes. Le studio enchaîna alors les succès, plus ou moins commerciaux: Sister Act, Sister Act 2, Runaway Bride, Qui veut la peau de Roger Rabbit (et oui, les formes de Jessica seraient mal passées chez Disney!!), Rock ou bien sûr, Armageddon. Par le même réalisateur et producteur, on attend pour mai 2001 Pearl Harbor, le film le plus cher jamais réalisé, et qui devrait évidemment, cartonner. Grâce aux efforts combinés des studios Disney en matière d’animation et de Touchstone en matière de films réels, Buena Vista, le distributeur exclusif des films Disney détient la tête du box-office depuis 6 années consécutives.

Les petits derniers: Hollywood Pictures et Miramax

« I see dead people »…voici une phrase devenue célèbre. Tirée du Sixième Sens, elle n’aurait jamais existé sans la présence d’Hollywood Pictures, qui, il est vrai, nous livre ici son premier carton. Nous sommes alors en fin 1989, et la production Touchstone bat son plein. Les caisses se remplissent, les projets fleurissent…et il n’y a pas assez de capacité pour les produire. De plus, deux personnes se bâtent pour obtenir la tête de Touchstone. Les deux étant très compétentes, Disney lance, pour que chacun ait une place de manager, un nouveau label: Hollywood Pictures. Celui-ci serait définitivement dédié aux films pour adultes. Sa première production, Arachnophobia, est alors un succès assez considérable pour que le studio prenne confiance en lui et vole de ses propres ailes. C’est ainsi que la production annuelle passa d’une douzaine à une trentaine en 3 ans. Ceci eut des conséquences heureuses mais aussi fâcheuses. Alors qu’à l’époque, chaque film était très profitable, les profits commencèrent à n’être basés plus que sur quelques grands films, les autres couvrant à peine leur coûts de production. Problème d’auto-concurrence? Nul ne le sait, sauf que la plupart des films, désormais plus axés sur les grandes stars et les grands effets-spéciaux, devenaient beaucoup moins rentables. De plus, pour être commerciaux, ces films ne pouvaient pas raisonnablement passer pour des films de grande qualité. Et c’est là que Disney fut courageux en achetant Miramax.

Shakespeare in Love, le Patient Anglais, Pulp Fiction ou bien d ‘autres films de Miramax ont ainsi raflé bon nombre de récompenses…et peu de gens savent que ces films ont été financés par Disney. Dès 1993, Disney racheta cette compagnie indépendante, gage de films de haute qualité. A l’époque, Miramax avait déjà crée Sexe, mensonges et vidéo, Cinema Paradiso. En fait, c’était un excellent complément pour Disney. Miramax se focalisait sur le scénario, et non pas sur les stars ou les effets à gros budget. Ils ne visaient pas à être les premiers du box-office mais ajustaient leur films pour chacun soit un petit succès et reouvre ses frais de production. De plus, ils étaient quasiment garrant de leur qualité, récompensée lors de cérémonies prestigieuses. Le deal effectué par Disney consistait en ceci: Disney aurait à son sevice le talent des artistes à Miramax, mais aussi une librairie de films prestigieux à sa disposition. Disney apportait son argent et son talent du marketing pour encore mieux distribuer ces films. De plus, Disney accepta de financer les projets du studio (à l’époque, Miramax servait surtout de deistributeur pour les films produits par d’autres), qui passèrent de 10% par an à 40% par an. Un bon exemple fut Pulp Fiction. Trop violent pour être distribué par Touchstone ou Hollywood Pictures, il le fut par Miramax, ramassa 100 millions de $ et la palme d’or à Cannes. Miramx a aussi produit à travers sa filiale Dimension des films comme Scream 1,2,3. Ainsi, ne vous étonnez pas si vous voyez un jour ces personnages dans des parcs Disney. Ils leur appartiennent.

Et avant de nous quitter, les partenariats!

Il est évident que pour certains films, le risque a été parfois trop grand à prendre. Co-financer un film devient alors la meilleure solution. Chez Disney, il existe deux studios qui aident au financement de leurs films: Spyglass Entertainment et Silver Screen Partners. Deux autres grands studios se sont distingués en venant en aide à la Souris: Amblin (l’ancienne société de Spielberg) et Paramount.

Spyglass Entertainment est un studio de fonds supplémentaires assez récent, que Disney a mis en place en 1999. Cette société co-finance avec un intérêt les films produits par Touchstone et Hollywood Pictures. Ainsi, le premier film a être financé en partie par Spyglass Ent. fut Instinct, qui avouon-le, fut un assez grand flop. Mais la société se rattrapa aisément en participant au financement du Sixième Sens. Ce film n’était pas en effet destiné à être un blockbuster et Disney n’a pas voulu mettre tout l’argent nécessaire au film. En ayant passé un accord avec Spyglass (qui, bien que réservée aux films produits par Disney, reste indépendante), Disney s’est privé de queques millions de $ de recettes, mais ne les plaignons quand même pas !

Silver Screens Partners est un cas différent. Il s’agit là d’un partenariat d’accord entre investisseurs, chargés de récolter de l’argent pour la production d’un film. Les partenaires étaient garantis de récupérer leur investissement maximum 5 ans après la sortie d’un film au cinéma. Un gros investissment nécessaire en vue d’une production de plusieurs films représentait une « offre ». En gros, les investisseurs se réunirent 4 fois pour récolter de l’argent, d’où les noms Silver Screen Partners I,II, III, IV. Pour exemple, Silver Screens Partners IV, en 1988, réunit 52000 investisseurs, qui amassèrent 400 millions $, en vue de produire entre autres, le Cercle des Poêtes Disparus, La Petite Sirène et la Belle et la Bête. D’ailleurs vous remarquerez sur l’affiche originale et au début du film la mention « en association avec Silver Screens Partners IV« .

Paramount fut aussi un collègue sur plusieurs projets Disney, dont les plus connus furent Pretty Woman et Runaway Bride. Columbia (une filiale de Paramount) finança également une partie de l’Homme Bicentennaire, et c’est pourquoi le film, sortit sous le label Touchstone aux USA, sortit en France sous la marque Columbia. Evidemment, on a tout de suite ressenti la différence de marketing, puisque le film passa presque inaperçu en France, récoltant pourtant 60 millions de $ aux USA.

Amblin fut partenaire de Mickey dans la réalisation de Qui veut la peau de Roger Rabbitt. Les personnages font comme ça penser à des personnages Disney, mais 50% des revenus vont dans la poche de l’ancienne société de Spielberg. Les courts-métrages 100% dessins sont cependant présentés par Disney, car dans le film original, Disney produisit les dessins animé disneyILM les effets-spéicaux et Amblin offra l’argent et les acteurs. Mais pour ce qui est apparition dans les parcs, Amblin doit donner toute son approbation. C’est d’ailleurs pour ça que le projet Roger Rabbitt 2 tarde à se faire, Spielberg étant maintenant chez Dreamworks, et partenaire de Katzenberg, ancien président viré des studios Disney par Michael Eisner, le même qui veut faire un Roger Rabbit 2!

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